Le personnage de Amir

Avant l’animation, avant le storyboard, avant même le premier script définitif : il faut trouver le personnage.
Toute la phase de R&D s’est faite au dessin 2D, à la main, sur Clip Studio Pro. Des dizaines de planches de recherche, de silhouettes testées, de proportions reprises. Un personnage qui va porter une série entière ne se décide pas en une séance.
Le point de départ : deux mondes dans une seule tenue.
Amir vient de la rue de Harlem et il vient de la mosquée. Le design devait dire les deux en un seul coup d’œil, sans hésitation possible.
D’où cette combinaison qu’on ne trouve nulle part ailleurs : un qamis à manches courtes, une casquette frappée du A d’Amir, et des baskets. Le vêtement de la prière et l’uniforme du trottoir, portés ensemble, sans compromis ni déguisement. C’est exactement ce qu’est le personnage, et c’est exactement ce qu’a été le parcours de l’homme qui lui prête sa voix.
Le corps raconte le caractère.
Une forme légèrement arrondie, jamais anguleuse : Amir n’est pas une menace, il est un abri.
Un ancrage au sol bien appuyé, jambes solides, poids réparti. Le personnage tient sa place. Rien ne le déplace.
Une taille médium, ni imposante ni fragile. Il est à hauteur des gens à qui il parle, littéralement.
Et une barbe fournie, fidèle à l’original — on ne trahit pas le modèle : )
Souriant, dynamique, actif.
C’était la correction la plus importante des dernières passes de recherche. Les premières versions donnaient un sage un peu trop posé, un peu trop statique. Or Amir n’est pas un mentor immobile qui délivre des sentences depuis un banc.
Il marche, il traverse, il s’assoit à côté des gens, il rit. Le sourire a été monté d’un cran, la posture rendue plus mobile. Un personnage actif, présent dans sa ville — et pas au-dessus d’elle.
C’est ce design-là qui est parti en animation.

©2026.Silhouette Brothers









